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Quelle ville est la plus ancienne du globe ?

Article publié le jeudi 24 septembre 2026 dans la catégorie habitat.
Quelle ville est la plus ancienne du globe ? Découvrez la réponse
La réponse la plus souvent donnée est Jéricho, en Cisjordanie, dont les premières installations humaines remontent à environ 10 000 ans avant notre ère. Mais ce verdict dépend largement de ce que l’on appelle une « ville ». Une occupation très ancienne ne signifie pas forcément une cité organisée, ni une présence humaine ininterrompue. Damas, Byblos, Alep ou Erbil figurent donc elles aussi dans les débats. Pour identifier la plus ancienne ville du globe, il faut distinguer l’âge des vestiges, la continuité du peuplement et l’apparition d’une véritable organisation urbaine.

Pourquoi il n’existe pas une seule « plus ancienne ville du globe »

Le classement varie selon le critère retenu. L’archéologie date des couches d’occupation, des constructions, des sépultures et des objets ; elle ne peut pas toujours établir avec certitude le moment où un village devient une ville. De plus, les sites les plus anciens ont parfois connu des abandons, des destructions ou des déplacements de population.
  • La première occupation connue : elle mesure l’ancienneté des traces humaines sur un site.
  • L’occupation continue : elle privilégie les villes habitées sans interruption durable jusqu’à aujourd’hui.
  • Le caractère urbain : il suppose une population relativement dense, une organisation sociale, des activités spécialisées et des constructions collectives.
  • La continuité géographique : une ville moderne peut porter le même nom qu’un ancien site tout en ayant changé d’emplacement ou de fonction.
Ainsi, une cité peut être très ancienne sans être reconnue comme la plus vieille ville encore habitée. Cette nuance est essentielle pour lire les listes parfois contradictoires consacrées aux records historiques.

Les critères qui changent le classement : occupation continue, fondation et statut urbain

Le terme de « fondation » est souvent trompeur pour les périodes préhistoriques : il n’existe ni acte officiel ni date unique. Jéricho s’est développée progressivement à partir de communautés néolithiques. À l’inverse, certaines cités antiques disposent d’une histoire écrite plus tardive, mais démontrent une activité urbaine continue sur plusieurs millénaires. Le statut de ville pose également problème. Les premiers établissements permanents pouvaient compter quelques centaines ou milliers d’habitants, cultiver les terres voisines et ériger des murs, sans réunir tous les traits d’une ville au sens actuel. Comparer les dates sans comparer les critères conduit donc à des conclusions fragiles.

Les limites des preuves archéologiques et des sources historiques

Les datations évoluent au rythme des fouilles, des analyses au carbone 14 et de la réinterprétation des vestiges. Un niveau archéologique plus ancien peut rester enfoui ou avoir été détruit par l’érosion, les conflits et les constructions récentes. Dans les villes toujours habitées, explorer le sous-sol est particulièrement difficile. Les sources écrites ne résolvent pas tout : elles apparaissent bien après les premiers peuplements et ne décrivent souvent que les élites, les temples ou le commerce. Il est donc plus juste de parler de candidates majeures que d’un record incontestable.

Jéricho, la candidate la plus souvent citée

Située près du Jourdain, dans une oasis de la vallée du Rift, Jéricho bénéficie d’un accès à l’eau qui a favorisé une présence humaine très précoce. Le site de Tell es-Sultan a livré des traces d’occupation remontant approximativement au Xe millénaire avant notre ère. Elles appartiennent au Néolithique précéramique, une période antérieure à la poterie et aux premières grandes civilisations urbaines de Mésopotamie.

Une occupation humaine attestée depuis environ 10 000 ans avant notre ère

Les fouilles ont notamment mis au jour des maisons, des sépultures et une imposante tour en pierre associée à un mur. Ces éléments témoignent d’une communauté sédentaire capable d’organiser des travaux collectifs. Jéricho figure ainsi souvent en tête des articles sur la cité reconnue comme la plus vieille du monde. Son ancienneté tient d’abord à la profondeur exceptionnelle de son histoire. Les occupations successives ont formé un tell, c’est-à-dire une colline artificielle constituée par l’accumulation des habitats et des remblais au fil des siècles.

Ce qui permet de parler de ville et les réserves des historiens

Jéricho possédait des structures défensives ou collectives remarquables pour son époque. Toutefois, les archéologues débattent encore de la fonction exacte du mur et de la tour : protection contre les crues, symbole communautaire, défense ou combinaison de plusieurs usages. La taille de la population et le degré de spécialisation économique restent aussi difficiles à établir. Jéricho est la réponse la plus courante pour l’ancienneté d’occupation, mais pas nécessairement pour la continuité urbaine absolue. Des phases de déclin ou d’abandon ont ponctué son histoire, ce qui explique pourquoi Damas ou Byblos sont souvent préférées dans d’autres classements.

Damas et Byblos, deux rivales majeures du Proche-Orient

Le Proche-Orient concentre plusieurs prétendantes car l’agriculture, la sédentarisation, les échanges et les premiers États s’y sont développés très tôt. Les comparaisons avec Jéricho doivent néanmoins distinguer les premières traces d’habitat de la permanence d’un centre urbain.

Damas, parmi les plus anciennes villes continuellement habitées

Damas, en Syrie, est fréquemment présentée comme l’une des plus anciennes villes habitées sans interruption. La région était occupée dès la préhistoire, tandis que la cité apparaît clairement dans les sources et les réseaux politiques du Proche-Orient ancien à partir de l’âge du bronze. Son emplacement, au bord d’une oasis alimentée par le Barada, explique sa durabilité. Agriculture irriguée, routes caravanières et fonctions administratives ont entretenu son importance pendant les périodes araméenne, romaine, islamique et moderne. La continuité de son rôle urbain est son principal argument, même si dater précisément l’absence de toute interruption demeure complexe.

Byblos, un ancien port phénicien occupé depuis le Néolithique

Byblos, sur la côte du Liban, compte parmi les plus anciens ports du bassin méditerranéen. Le site était occupé au Néolithique et a connu un essor majeur grâce aux échanges avec l’Égypte ancienne, notamment autour du bois de cèdre et des produits artisanaux. Son nom grec a d’ailleurs donné le mot « Bible », via le commerce du papyrus. La ville est particulièrement importante pour l’histoire des cités phéniciennes. Ses vestiges révèlent une longue succession de phases, de l’habitat préhistorique aux périodes ottomane et contemporaine. Elle constitue donc une candidate solide, sans que son passé très ancien suffise à trancher définitivement le débat.

Comparer leur ancienneté avec celle de Jéricho

VilleArgument principalRéserve importante
JérichoTraces d’occupation vers 10 000 av. J.-C.Débats sur le statut urbain initial et les interruptions
DamasTrès longue continuité d’habitat et de fonctions urbainesPremières occupations moins anciennes que celles de Jéricho
ByblosOccupation néolithique et continuité portuaire remarquableDéfinition variable de la continuité urbaine

Les autres cités régulièrement mentionnées dans les classements

Alep, Suse et Erbil : des occupations très anciennes mais des continuités discutées

Alep, également en Syrie, est souvent citée pour l’ancienneté de son tell et son importance commerciale. Les guerres récentes ont cependant rappelé la fragilité du patrimoine qui permet de documenter ces trajectoires urbaines. Suse, dans l’actuel Iran, fut un grand centre de l’Élam puis de l’empire perse, avec des occupations remontant au IVe millénaire avant notre ère. Erbil, en Irak, s’est développée autour d’une citadelle-tell exceptionnellement ancienne. Toutes trois illustrent une réalité simple : un site peut être ancien, prestigieux et durable sans fournir une preuve parfaite de continuité ininterrompue.

Çatalhöyük et les villages néolithiques : anciens établissements, mais pas toujours des villes

Çatalhöyük, en Anatolie, est plus ancien que de nombreuses villes antiques et a accueilli une importante communauté néolithique. Pourtant, il est généralement décrit comme un vaste établissement plutôt que comme une ville au sens politique et administratif. Ses maisons jointives et son organisation originale montrent qu’il existait plusieurs formes de sédentarité avant les cités classiques. La même prudence vaut pour les villages préhistoriques européens. Pour une comparaison nationale, l’histoire de la cité la plus ancienne du territoire français obéit à des critères différents, car les premières villes de France sont bien plus récentes que les établissements néolithiques du Levant.

La réponse la plus juste selon le critère retenu

Jéricho pour l’ancienneté des premières installations

Si la question porte sur les plus anciennes traces d’un établissement humain organisé, Jéricho reste la candidate la plus fréquemment retenue. Son histoire commence avant l’invention de l’écriture et avant les premières villes mésopotamiennes traditionnellement étudiées.

Damas et Byblos pour la continuité urbaine historique

Si l’on cherche une ville ayant conservé très longtemps une population et une fonction urbaine, Damas et Byblos offrent des arguments particulièrement solides. La formulation la plus rigoureuse est donc la suivante : Jéricho est souvent considérée comme la plus ancienne ville du monde, tandis que Damas et Byblos comptent parmi les plus anciennes villes continuellement habitées.

Retenir le bon critère pour désigner la ville la plus ancienne

Jéricho demeure la candidate la plus fréquemment citée grâce à des traces d’occupation remontant à environ 10 000 ans avant notre ère. Pourtant, la réponse dépend de la définition adoptée : ancienneté d’un établissement, apparition d’une organisation urbaine ou continuité du peuplement. Damas et Byblos s’imposent ainsi lorsque l’on privilégie une longue permanence urbaine, tandis que d’autres sites rappellent la diversité des formes d’habitat préhistorique. Plutôt que de chercher un record définitif, il est donc préférable de distinguer l’âge des premiers vestiges de l’histoire ininterrompue d’une ville. Cette nuance permet de comprendre pourquoi plusieurs cités peuvent légitimement revendiquer une place parmi les plus anciennes du monde.


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